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IA en entreprise

Copilot a rédigé votre proposition dans Word : d’où sortent ces chiffres et ces engagements ?

Copilot vient de rédiger ou de réécrire votre proposition dans Word. Le texte se lit sans accroc, et les chiffres comme les délais paraissent plausibles. Pourtant, rien n’indique d’où vient chacun d’eux : un fichier de l’entreprise, un e-mail, une réunion, une page web, ou aucune source que vous puissiez retrouver. Voici comment repérer les passages qui engagent votre entreprise, remonter à leur origine et décider de ce qui reste avant de signer ou d’envoyer le document.

Par Raphaël UHLRICH··13 min de lecture

Fil rouge tendu depuis une bobine de bois, qui se perd dans l’ombre
Dans une proposition rédigée par Copilot, chaque chiffre et chaque délai doit pouvoir être rattaché à sa source avant l’envoi.

01 Un texte bien écrit par Copilot n’est pas un texte vérifié

Vous relisez la proposition que Copilot a préparée. Les phrases s’enchaînent, la structure tient et le vocabulaire correspond à votre métier. Cette fluidité ne dit rien de l’exactitude des chiffres, des noms ou des délais que contient la proposition.

Microsoft le dit lui-même. Sa page d’aide sur la rédaction dans Word, datée du 16 septembre 2026, indique : « Copilot génère du contenu brouillon et des modifications suggérées. »[1] La page Microsoft Learn consacrée à la confidentialité de Copilot, datée du 9 juillet 2026, précise que les réponses produites par l’IA générative « ne sont pas garanties exactes à 100 % » (traduction)[2].

Ce point pèse davantage sur certains documents. Des chercheurs de King’s College London, de Nokia Bell Labs, de l’université d’Oxford et de l’École polytechnique de Turin l’illustrent ainsi : un juriste qui rédige des contrats a besoin de précision, alors qu’une personne qui cherche des idées peut accepter un résultat inexact[3]. Une proposition commerciale relève du premier cas, puisqu’elle fixe un périmètre, un délai et parfois un montant.

Leur étude porte sur 1 524 incidents liés à l’IA au travail, tirés de la base AI Incident Database pour la période 2013-2025. Les auteurs attribuent 83,4 % de ces incidents à un décalage entre les caractéristiques du système d’IA et les besoins réels des personnes qui l’utilisent[3]. Ils ont classé ces incidents à l’aide d’un modèle de langage, et leur étude ne vise pas spécifiquement Word.

01

Ce que Microsoft recommande

Examiner et vérifier « les faits, les nombres, les citations, les noms, les déclarations de stratégie et d’autres informations sensibles »[1]. Relire le résultat avant de l’envoyer à d’autres personnes[2]. Décider soi-même de conserver, de réviser ou de supprimer le contenu avant de partager le document[1].

02

Ce que ces pages ne disent pas

Comment retrouver l’origine d’une phrase précise du document. Dans quel ordre relire une proposition de plusieurs pages. Qui, dans l’entreprise, doit confirmer un passage dont la source reste introuvable.

Ce que Microsoft recommande face à ce que ses pages ne précisent pas.

02 Ce chiffre, Copilot l’a-t-il trouvé quelque part ou l’a-t-il écrit de lui-même ?

Devant un chiffre, un nom ou un délai, la première question porte sur son origine. La documentation de Microsoft permet d’en distinguer trois.

La première origine, ce sont vos contenus Microsoft 365. Selon la page d’aide de Microsoft sur la rédaction dans Word, Copilot peut utiliser « le contexte de travail pertinent tel que des fichiers, des e-mails, des réunions et d’autres contenus Microsoft 365 »[1].

La deuxième origine est le web. La page d’aide de Microsoft sur la rédaction dans Word indique que Copilot « peut également utiliser des informations web lorsqu’elles sont disponibles »[1]. D’après la page Microsoft Learn consacrée à la confidentialité de Copilot, celui-ci extrait alors des termes de votre demande pour envoyer une requête au moteur de recherche Bing[2]. Les réglages de confidentialité de l’organisation peuvent couper cette recherche web[2].

Sur ce point, la documentation de Microsoft se contredit en partie. La page d’accueil de Copilot dans Word affirme que Copilot « fonctionne dans Word et votre contenu Microsoft 365 et ne se connecte pas à des outils externes »[4]. Seul votre service informatique peut vous dire comment Copilot est paramétré dans votre entreprise.

La troisième origine est la plus délicate : aucune source repérable. Microsoft indique que vous pouvez désigner une source précise ; à défaut, Copilot « peut utiliser un contexte utile en fonction de votre invite et de vos autorisations »[1]. L’invite est la consigne que vous saisissez dans Copilot. La page d’aide de Microsoft sur la rédaction dans Word ne précise pas d’où viennent les chiffres lorsque votre demande n’en contient aucune[1]. Un chiffre peut donc figurer dans votre proposition sans que vous parveniez à le rattacher à un fichier, à un message ou à une page.

Trois origines possibles pour un chiffre ou un nom du document, la preuve à chercher pour chacune, et ce qui se passe quand cette preuve reste introuvable.

D’où peut venir l’informationOù chercher la preuveQuand la preuve reste introuvable
Vos contenus Microsoft 365 : fichiers, e-mails, réunions, conversationsLe fichier, le message ou le compte rendu cité par CopilotLe contenu a été modifié ou déplacé depuis, ou Copilot n’a donné aucune citation
Le web, si l’organisation l’autoriseLa page web citée par CopilotAucune citation n’a été demandée, et personne ne sait si la recherche web était active
Aucune source repérableUn collègue qui connaît le dossier et peut confirmer l’informationPersonne ne peut confirmer : le passage doit être retiré

03 Pour savoir d’où vient un chiffre, donnez vos documents à Copilot dès la demande

La manière de formuler la demande détermine en grande partie ce que vous pourrez vérifier ensuite. Microsoft indique qu’un premier brouillon peut partir « d’une demande simple, d’une invite détaillée, d’un plan, de notes ou de fichiers de référence »[1].

Je recommande trois gestes, tous décrits par Microsoft.

  1. 01

    Désigner le fichier de référence

    Dans l’invite, tapez « / », puis choisissez le fichier que Copilot doit utiliser[1].

  2. 02

    Demander des citations

    Microsoft décrit la possibilité de demander à Copilot du contenu « avec des citations vers des sources référencées »[1]. Rien n’indique que ces citations soient ajoutées par défaut : il faut les demander.

  3. 03

    Relancer sur une section précise

    Microsoft présente la possibilité d’affiner ou de développer des sections spécifiques par des questions de suivi[5].

Toutes ces fonctions ne sont pas proposées à chaque utilisateur : Microsoft précise qu’elles varient selon l’abonnement, la licence, les réglages de l’organisation et l’appareil utilisé[4].

La même logique vaut pour les réponses aux appels d’offres, avec un brouillon produit par l’IA dont chaque élément important peut être rattaché à son origine.

04 Un chiffre tiré de votre propre fichier peut quand même être faux

Une citation indique d’où vient un passage. En revanche, la citation ne prouve pas que ce passage de votre document soit exact. Le fichier désigné peut correspondre à une ancienne version de l’offre. Le chiffre peut aussi avoir été sorti de son contexte, par exemple un délai valable pour un autre périmètre.

Microsoft donne lui-même un exemple d’invite qui montre comment des nombres entrent dans un document : « Summarize this document and update the table with numbers from /Sept Data Pull email »[6]. Il s’agit de résumer le document et de mettre à jour un tableau avec les chiffres d’un e-mail. C’est un exemple donné par Microsoft, pas un comportement par défaut. Il montre toutefois qu’un chiffre de votre proposition peut venir d’un simple message, avec les approximations qu’un message peut contenir.

Copilot ne fait apparaître que les données que l’utilisateur a le droit de consulter[2]. J’en déduis qu’un fichier accessible n’est pas forcément un fichier à jour : le droit de lecture ne dit rien de la date ni de la validité du contenu.

Pour remonter à la source, l’historique Copilot peut aider. Selon la page de Microsoft consacrée à la confidentialité de Copilot, les données conservées dans l’historique comprennent l’invite de l’utilisateur et la réponse de Copilot, « y compris les citations vers toute information utilisée pour fonder la réponse » (traduction)[2].

Pour chaque source citée, posez trois questions :

  • 01

    La source existe-t-elle ?

    Ouvrez le fichier, le message ou la page vers lequel renvoie la citation.

  • 02

    Dit-elle bien ce que le document lui fait dire ?

    Comparez le chiffre, le nom ou le délai tel qu’il figure dans la source.

  • 03

    Est-elle encore à jour ?

    Vérifiez la date du fichier et demandez-vous s’il en existe une version plus récente.

Trois questions à poser pour chaque source citée.

Lorsque les mêmes références, certifications ou CV reviennent d’une proposition à l’autre, une bibliothèque de preuves tenue à jour évite de faire reprendre à Copilot un document périmé.

05 Une proposition écrite par Copilot engage quand même votre entreprise

Une proposition commerciale engage l’entreprise qui l’envoie. Un délai écrit par Copilot dans un brouillon devient le délai de votre entreprise dès que le document part sous son nom.

Microsoft laisse cette décision à l’utilisateur : « Vous devez décider de conserver, de réviser ou de supprimer le contenu généré par Copilot avant de partager votre document. »[1]

Le considérant 12 du règlement européen sur l’intelligence artificielle compte le contenu parmi les sorties d’un système d’IA[7][8], sans imposer de vérification propre à un document Word.

Les sources que j’ai consultées ne tranchent pas la question de la responsabilité juridique d’un engagement rédigé par Copilot. Sur ce point, un conseil juridique est l’interlocuteur adapté.

Les passages qui engagent l’entreprise dans une proposition : les délais de réalisation, de livraison ou de réponse ; les livrables et le périmètre de la prestation ; les montants et les conditions financières ; les noms de personnes, de clients et de partenaires ; les références et les réalisations citées ; les orientations stratégiques.

Les trois premières catégories sont mes repères de lecture d’une proposition. La liste de Microsoft porte sur les faits, les nombres, les citations, les noms, les orientations stratégiques et d’autres informations sensibles[1].

06 Inutile de tout relire : commencez par ce qui engage l’entreprise

Tous les passages ne présentent pas le même risque : une tournure maladroite gêne, alors qu’un délai faux engage l’entreprise. Je recommande donc de relire dans l’ordre suivant, qui part de la liste de Microsoft[1].

  1. 01

    Les engagements

    Délais, livrables, montants, conditions.

  2. 02

    Les nombres

    Quantités, pourcentages, dates, effectifs.

  3. 03

    Les noms

    Personnes, clients, partenaires, produits.

  4. 04

    Les citations et les références

    Études, réalisations passées, certifications.

  5. 05

    Les orientations stratégiques

    Ce que le document affirme sur la stratégie de votre entreprise.

  6. 06

    Le style

    En dernier.

Pour chaque passage repéré, trois décisions sont possibles :

  • 01

    Confirmé par une source

    Vous avez retrouvé le fichier, l’e-mail ou la page, et la source dit bien la même chose.

  • 02

    Confirmé par une personne

    Un collègue qui connaît le dossier accepte d’assumer le passage devant le client.

  • 03

    Retiré

    Faute de source et de personne pour le confirmer, le passage disparaît ou devient une question à poser au client.

07 Dans un document partagé, accepter les modifications de Copilot ne garantit pas que les chiffres soient justes

La fonction « Modifier avec Copilot », anciennement appelée « mode agent », intervient directement dans le document. Selon la page Microsoft du 10 avril 2026, cette fonction utilise Work IQ pour créer ou affiner le contenu[6]. Microsoft présente Work IQ[9] comme le composant de Copilot qui « apprend votre façon de travailler et se connecte à vos données organisationnelles et personnelles, telles que les fichiers, les e-mails et les réunions »[6].

01

Document non partagé

Copilot apporte des modifications directes au document, et Microsoft appelle à la prudence sur les fichiers sensibles ou partagés[6].

02

Document partagé, avec Work IQ

Modifier avec Copilot affiche d’abord un aperçu des modifications suggérées dans la conversation[6]. Selon la page d’accueil de Copilot dans Word, rien n’est ajouté au document tant que vous ne l’avez pas examiné et approuvé[4].

Ce qui change selon que le document est partagé ou non.

L’aperçu affiché par Copilot sert à une seule chose : décider si le texte proposé entre dans le document. En l’approuvant, vous acceptez cet ajout. Vous ne confirmez pas pour autant que les chiffres ou les délais qu’il contient sont exacts.

08 Avant d’envoyer, que reste-t-il de caché dans le fichier ?

Un fichier Word conserve des traces que l’affichage ne montre pas toujours. Trois points méritent un contrôle avant l’envoi.

Le premier concerne le suivi des modifications. Modifier avec Copilot respecte le suivi des modifications : s’il est activé, les changements apportés par Copilot sont suivis dans le document[6]. En revanche, Modifier avec Copilot ne peut ni activer le suivi, ni accepter ou refuser les modifications[6].

Le deuxième concerne les commentaires. Un commentaire rattaché à un paragraphe « peut être supprimé » si la fonction « Modifier avec Copilot » modifie ce paragraphe[6].

Le troisième point concerne les modifications suivies que Word peut masquer à l’écran. La page Microsoft sur le suivi des modifications classique de Word précise : « Le masquage des modifications ne les supprime pas du document. »[10] Seules les commandes Accepter et Refuser retirent les marques de révision[10]. Cette page décrit le suivi des modifications entre auteurs et ne mentionne pas Copilot. Elle suffit à montrer qu’un fichier envoyé avec des modifications masquées peut contenir des versions antérieures de vos phrases.

Avant l’envoi, suivez cette séquence :

  1. Avant de lancer Copilot

    Activer le suivi

    Activez le suivi des modifications avant de lancer Copilot.

  2. Après le passage de Copilot

    Vérifier les commentaires

    Une fois que Copilot a modifié le document, vérifiez que les commentaires de relecture sont toujours présents.

  3. Pendant la relecture

    Accepter ou refuser

    Acceptez ou refusez chaque modification.

  4. Avant l’envoi

    Contrôler le fichier final

    Contrôlez le fichier final avec le suivi affiché, pour vous assurer qu’aucune marque de révision ne subsiste. En cas de doute, revenez à une version antérieure[6].

Les contrôles d’un fichier modifié par Copilot, du lancement jusqu’à l’envoi.

09 Quand chacun relit à sa façon, personne ne sait ce qui a été vérifié

Selon les réglages de l’organisation, la recherche web est disponible ou non[2], et les fonctions de Copilot varient aussi selon la licence de chaque utilisateur[4]. Deux collaborateurs peuvent ainsi rédiger leurs propositions avec des fonctions différentes, puis les relire selon des critères différents.

Microsoft demande de relire le résultat avant l’envoi[2] et laisse la décision finale à l’utilisateur[1]. Ces recommandations ne disent pas qui relit quoi dans une équipe. Je recommande que la direction fixe cette répartition des relectures avant qu’une proposition parte chez un client. L’article sur la supervision d’un pilote IA et la répartition des validations explique pourquoi la formule « quelqu’un relira » ne suffit pas.

Trois questions à poser en équipe : quelles sources Copilot peut-il consulter dans l’organisation (fichiers, e-mails, réunions, web) ? Quels passages d’une proposition doivent être confirmés, et par qui ? Qui a le dernier mot avant l’envoi au client ?

Pour aborder ces questions avec vos collaborateurs, je propose une conférence de sensibilisation pour dirigeants et équipes sur les usages et les risques de l’IA. Elle aide à préparer ces arbitrages ; la règle reste celle que votre entreprise fixe.

Copilot dans Word : ce qu’on se demande avant d’envoyer le document au client

Copilot peut-il inventer un chiffre alors que je lui ai donné un fichier de référence ?
Oui, rien ne l’exclut. Microsoft ne garantit pas que les réponses de l’IA générative soient exactes à 100 %[2], et qualifie ce que Copilot produit dans Word de contenu brouillon[1]. Désigner un fichier de référence avec « / » fixe la source que Copilot doit utiliser. Cela réduit la part de texte dont l’origine est inconnue, sans la supprimer. Comparez donc chaque chiffre du document au fichier cité, et vérifiez que ce fichier correspond bien à la version à jour. Si un chiffre ne figure pas dans ce fichier, faites-le confirmer par un collègue qui connaît le dossier ou retirez-le.
Comment savoir si Copilot a utilisé le web pour rédiger mon document ?
La page Microsoft sur la rédaction dans Word indique que Copilot peut utiliser des informations web lorsqu’elles sont disponibles[1]. Selon la page Microsoft Learn, il envoie alors une requête au moteur Bing à partir des termes de votre demande, et les réglages de confidentialité de l’organisation peuvent couper cette recherche[2]. La page d’accueil de Copilot dans Word affirme pourtant qu’il ne se connecte pas à des outils externes[4]. Pour savoir ce qu’il en est chez vous, demandez des citations dans votre invite[1] et interrogez votre service informatique sur le paramétrage retenu.
Un collègue a rédigé la proposition avec Copilot : peut-on retrouver ce qu’il lui a demandé ?
En partie. Selon la page Microsoft Learn, l’historique Copilot conserve l’invite de l’utilisateur, la réponse de Copilot et les citations des informations qui ont servi à construire cette réponse[2]. Les administrateurs peuvent accéder à cet historique avec les outils de recherche de contenu de Microsoft 365[2]. L’utilisateur peut toutefois supprimer son historique. Le plus simple reste de demander à votre collègue quels fichiers, notes ou e-mails il a fournis à Copilot, puis de vérifier les passages sensibles de la proposition à partir de ces documents.
Copilot peut-il modifier un passage que je ne lui ai pas demandé de toucher ?
Les pages Microsoft ne disent pas que Copilot agit en dehors de la demande. Elles signalent en revanche deux points. Modifier avec Copilot apporte des modifications directes au document, et Microsoft appelle à la prudence sur les fichiers sensibles ou partagés[6]. La fonction peut aussi supprimer un commentaire ancré à un paragraphe qu’elle modifie[6]. Pour garder la main, activez le suivi des modifications avant de lancer Copilot, puis relisez chaque changement. En cas de problème, vous pouvez annuler l’opération ou revenir à une version antérieure du document[6].
Le suivi des modifications suffit-il à voir tout ce que Copilot a changé ?
Seulement s’il a été activé avant l’intervention de Copilot. Modifier avec Copilot respecte le suivi des modifications, mais il ne peut ni l’activer ni accepter ou refuser les changements[6]. C’est donc à vous d’activer le suivi, puis de traiter chaque modification. Une autre précaution est décrite par Microsoft pour le suivi des modifications classique de Word : masquer les modifications à l’affichage ne les supprime pas du document[10]. Seules les commandes Accepter et Refuser retirent les marques de révision[10]. Un fichier envoyé avec des modifications masquées peut donc contenir des versions antérieures du texte.
Choisir un autre modèle d’IA dans Word rend-il le texte plus fiable ?
Word permet de choisir le modèle d’IA qui génère les réponses de Copilot[1]. La sélection personnalisée est réservée aux abonnements premium éligibles ; les autres utilisateurs disposent des modes Auto, Instantanée et Réflexion[1]. Aucune des sources consultées n’affirme qu’un modèle rend le contenu plus exact qu’un autre. La recommandation de Microsoft reste la même quel que soit le modèle : examiner et vérifier les faits, les nombres, les citations, les noms et les orientations stratégiques[1]. Le choix du modèle ne dispense donc pas de relire les passages qui engagent l’entreprise.
Pourquoi un collègue n’a-t-il pas les mêmes fonctions Copilot que moi dans Word ?
Selon Microsoft, les fonctions de Copilot dans Word peuvent dépendre de l’abonnement Microsoft 365, de la licence Microsoft Copilot, des paramètres de l’organisation et de la plateforme utilisée[4]. La disponibilité varie notamment entre Windows, Mac, le web et l’iPad[1]. Modifier avec Copilot, par exemple, est en cours de déploiement et soumis à licence[6]. Deux collaborateurs de la même entreprise peuvent donc voir des menus différents dans Word. Pour connaître la configuration exacte, adressez-vous à votre service informatique, qui gère les licences et les paramètres de l’organisation.
Copilot rédige-t-il aussi bien en français qu’en anglais ?
Microsoft indique que Copilot prend en charge moins de langues que l’interface de Word et que sa disponibilité peut varier selon la langue[4]. La page consultée ne publie pas de liste précise des langues couvertes. Aucune des sources lues ne compare la qualité de rédaction de Copilot en français et en anglais. Pour une proposition en français, la méthode reste la même : désigner les fichiers de référence, demander des citations et vérifier en priorité les chiffres, les noms et les engagements. Si une fonction n’apparaît pas, la langue du document fait partie des causes possibles.
Faut-il indiquer au client qu’une proposition a été rédigée avec Copilot ?
Les sources consultées pour cet article ne traitent pas cette question. Pour savoir si une obligation d’information s’applique à votre situation, un conseil juridique est l’interlocuteur adapté. Les pages de Microsoft rappellent seulement que l’utilisateur doit décider de conserver, de réviser ou de supprimer le contenu généré par Copilot avant de partager son document[1]. Quelle que soit la réponse sur l’information du client, la proposition part sous le nom de votre entreprise. Les délais, les livrables et les chiffres qu’elle contient doivent donc être confirmés par une source ou par une personne capable de les assumer.
Qui, dans l’entreprise, doit fixer ce qu’on vérifie avant qu’un document rédigé par Copilot parte chez un client ?
C’est une décision de direction. Les sources que Copilot peut consulter et les fonctions disponibles varient selon la licence et les paramètres de l’organisation[4], y compris l’accès à la recherche web[2]. Si chaque rédacteur fixe ses propres contrôles, les propositions partent vérifiées de façons différentes. La direction doit donc dire quels passages sont confirmés, par qui, et qui valide l’envoi. Pour préparer cette décision, j’anime une conférence de sensibilisation destinée aux dirigeants et aux équipes, consacrée à ce que l’IA change dans la production des documents de travail. Elle ne fixe pas la règle à la place de l’entreprise.

Sources consultées

  1. Microsoft · « Rédigez et ajoutez du contenu avec Copilot dans Word » · 16 septembre 2026 · support.microsoft.com/fr-fr/word/copilot/draft-and-add-content-with-c… La page de support Microsoft décrit les sources que Copilot peut utiliser dans Word : fichiers, e-mails, réunions, autres contenus Microsoft 365, informations web lorsqu’elles sont disponibles, ou une source que l’utilisateur désigne. Elle indique aussi qu’on peut demander des citations et qu’on peut choisir le modèle d’IA. Microsoft y demande de vérifier les faits, nombres, citations, noms et déclarations de stratégie, puis de décider de garder, réviser ou supprimer le contenu avant de partager le document.
  2. Microsoft · « Data, Privacy, and Security for Microsoft Copilot » · 9 juillet 2026 · learn.microsoft.com/en-us/copilot/microsoft-365/microsoft-365-copilot… Copilot fonde ses réponses sur les données de l’organisation auxquelles il accède par Microsoft Graph, dans la limite des permissions de l’utilisateur. Il peut interroger Bing pour la recherche web et consulter des outils tiers par des connecteurs Graph ou des agents. L’historique conserve l’invite, la réponse et les citations des informations sur lesquelles la réponse s’appuie. Microsoft ne garantit pas que les réponses soient exactes à 100 % et demande de les relire avant de les envoyer.
  3. Julia De Miguel Velázquez, Sanja Šćepanović, Andrés Gvirtz, Daniele Quercia (King’s College London, Nokia Bell Labs, University of Oxford, Politecnico di Torino) — article accepté à ACM FAccT 2026 · « The Quiet Path from Seemingly Minor Design Errors to Workplace AI Incidents » · 2026 · arxiv.org/html/2605.21035v1. Analyse empiriquement 1 524 incidents liés à l’IA au travail et montre qu’un défaut d’adéquation entre les systèmes d’IA et les besoins réels des utilisateurs (précision, exactitude) explique la grande majorité de ces incidents.
  4. Microsoft (Microsoft Support) · « Bienvenue dans Copilot dans Word » · juillet 2026 · support.microsoft.com/fr-fr/word/welcome-to-copilot-in-word. Le fonctionnement officiel de Copilot dans Word : usage du contexte de travail, absence de connexion à des outils externes, aperçu obligatoire des modifications dans un document partagé, dépendance à l’abonnement et à la langue.
  5. Microsoft (Microsoft Adoption) · « Microsoft Copilot – Microsoft Adoption » · 16 septembre 2026 · adoption.microsoft.com/fr-fr/copilot. La présentation officielle par Microsoft des usages de Copilot dans Word (génération de contenu structuré, affinage par questions de suivi) et du rôle de Work IQ dans l’exploitation des données organisationnelles.
  6. Microsoft · « Modifier avec Copilot dans Word » · 10 avril 2026 · support.microsoft.com/fr-fr/word/edit-with-copilot-in-word. La fonction Modifier avec Copilot s’appuie sur Work IQ, qui se connecte aux fichiers, e-mails et réunions. Elle modifie directement le document, mais affiche d’abord un aperçu à confirmer dans un document partagé. Elle respecte le suivi des modifications, peut supprimer des commentaires ancrés aux paragraphes modifiés et ne prend pas en charge les outils externes. La fonction est en cours de déploiement et soumise à licence.
  7. Parlement européen et Conseil de l’Union européenne · « Règlement (UE) 2024/1689 du Parlement européen et du Conseil du 13 juin 2024 établissant des règles harmonisées concernant l’intelligence artificielle (règlement sur l’intelligence artificielle) » · 13 juin 2024 · eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32024R1689. Le considérant 12 décrit la capacité d’inférence des systèmes d’IA : elle permet de générer des sorties comme des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions.
  8. Vie publique — La Rédaction (Direction de l’information légale et administrative, services du Premier ministre) · « AI Act : le règlement européen sur l’intelligence artificielle (IA) » · 4 août 2026 · www.vie-publique.fr/questions-reponses/292157-ai-act-le-reglement-eur… Le règlement européen sur l’intelligence artificielle définit, à son article 3, le système d’IA comme un système qui déduit, à partir des entrées qu’il reçoit, la manière de générer des sorties telles que des prédictions, du contenu, des recommandations ou des décisions.
  9. Microsoft Corporation (éditeur) · « Microsoft Copilot – Applications sur Google Play » · 18 septembre 2026 · play.google.com/store/apps/details?hl=fr&id=com.microsoft.office.offi… Work IQ apporte à Copilot une meilleure compréhension du fonctionnement de l’organisation, de ses collaborateurs et de leurs relations.
  10. Microsoft (Support) · « Suivre les modifications dans Word » · 28 août 2026 · support.microsoft.com/fr-fr/office/suivre-les-modifications-dans-un-d… Le fonctionnement du suivi des modifications standard de Word (toutes versions) : marquage des ajouts et des suppressions, aperçu de l’effet d’une acceptation ou d’un refus avant validation, et persistance du balisage tant que les commandes Accepter et Refuser n’ont pas été utilisées. Ne mentionne pas Copilot.

Conférence pour dirigeants et équipes

Vos équipes savent-elles quoi vérifier avant d’envoyer un texte écrit par Copilot ?

J’interviens en conférence, en présentiel ou en visioconférence, pour sensibiliser les dirigeants et les équipes aux usages de l’IA dans leurs documents. J’y mets en perspective les risques et les décisions de gouvernance qu’ils soulèvent.

Une conférence ne remplace ni une formation juridique ni un audit. Les règles de relecture restent à décider par l’entreprise.

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