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Chatbot et RGPD : cartographier le trajet réel des données

Lorsqu’une conversation alimente un CRM ou des journaux techniques, ou lorsque des copies sont conservées dans des sauvegardes ou chez un sous-traitant, ses données ne se limitent plus à la fenêtre du chatbot. La finalité du traitement détermine quelles données peuvent être recueillies et combien de temps elles peuvent être conservées. Cartographier les copies ainsi créées permet ensuite de préparer le traitement des demandes d’accès, de rectification, d’opposition ou d’effacement.

Par Raphaël Uhlrich··14 min de lecture

Surface rocheuse sombre traversée de fissures lumineuses orangées, sur laquelle figure en blanc le titre « RGPD d’un chatbot : l’effacement à l’écran ne suffit pas ».
Une conversation supprimée de l’interface peut subsister dans le CRM, les journaux, les sauvegardes ou chez un sous-traitant.

01Une conversation effacée de l’interface peut subsister ailleurs

Le risque apparaît lorsqu’une donnée saisie dans le chatbot reste accessible après la réponse. Elle peut avoir été reprise dans le CRM, enregistrée dans des journaux, conservée dans une sauvegarde ou copiée par un sous-traitant. Un effacement limité à l’interface laisse alors subsister des copies ailleurs dans la chaîne. Il faut alors savoir où va cette donnée, à quelle fin elle est utilisée et qui peut encore agir sur elle.

Le relevé part d’un cas d’usage précisément défini : résultats attendus, contexte et usages exclus. Cette délimitation permet d’écarter les données sans rapport avec la réponse promise. Chaque donnée est ensuite reliée à sa finalité, à son emplacement et à la règle qui détermine ce qu’elle devient. Une information utile pour répondre à une demande n’est pas, par ce seul fait, réutilisable pour un autre usage.

Le parcours ne s’arrête pas au stockage principal. Pour chaque composant, le relevé identifie l’acteur capable de traiter une demande d’accès, de rectification, d’opposition ou d’effacement. Il vérifie aussi ce que le contrat du fournisseur prévoit pour la durée de conservation, la sécurité, la restitution, la gestion des incidents et le devenir des copies en fin de prestation. Si l’un de ces maillons ne permet aucune action effective, la portée d’une demande d’effacement demeure incertaine et appelle une validation juridique.

Ce que l’emplacement change dans le traitement d’une même conversation.
  • 01

    La réponse reste dans la fenêtre de dialogue.

    Besoin à traiter
    Déterminer si la conservation reste nécessaire à la finalité après l’échange.
    Suite adaptée
    Déclencher la règle de suppression prévue pour la conversation active.
    Résultat attendu
    Une donnée conservée uniquement pendant sa période d’utilité.
  • 02

    Un extrait rejoint une fiche dans le CRM.

    Besoin à traiter
    Identifier la finalité propre à cette reprise et l’acteur qui en est responsable.
    Suite adaptée
    Relier la fiche à la demande formulée depuis le chatbot.
    Résultat attendu
    Une rectification ou un effacement qui s’applique aussi aux données reprises dans le dossier.
  • 03

    Un journal technique contient le message ou son identifiant.

    Besoin à traiter
    Distinguer l’élément nécessaire au fonctionnement et le contenu devenu superflu.
    Suite adaptée
    Définir une durée de conservation et des règles d’accès adaptées à la fonction du journal.
    Résultat attendu
    Une trace limitée au besoin technique effectivement documenté.
  • 04

    Une copie se trouve chez un fournisseur.

    Besoin à traiter
    Savoir qui peut la localiser, la restituer ou la supprimer.
    Suite adaptée
    Préciser cette capacité dans la répartition des rôles et dans les engagements contractuels.
    Résultat attendu
    Une demande qui peut être transmise jusqu’au détenteur effectif de la copie.

Le RGPD exige que les données soient adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard de la finalité.[1] Cette règle transforme la carte technique en outil de décision : chaque donnée admise doit être justifiée, chaque destination doit avoir une fonction et chaque conservation doit avoir une échéance. Le registre doit refléter les traitements réels, avec leurs sous-traitants et leurs durées, plutôt qu’une représentation simplifiée de l’interface.[2]

Une suppression visible ne prouve rien sur les autres emplacements. Pour être utile, la preuve doit indiquer la donnée concernée, sa finalité, son détenteur, la règle qui détermine ce qu’elle devient et l’action exécutée.

02La finalité détermine les données réellement nécessaires

Pour être exploitable, la finalité doit être déterminée, explicite et légitime dès la définition du projet.[3] Par exemple, la formule « répondre aux clients La décision précise le résultat attendu, les situations admises, celles qui sont exclues et les informations que l’outil ne doit jamais intégrer à un dossier.

Le périmètre fonctionnel décrit les résultats attendus, le contexte d’usage et les informations sans rapport avec le besoin principal.[4] Cette étape réduit la tentation de tout conserver au motif qu’une donnée pourrait être utile plus tard. La pertinence s’apprécie au regard de l’objectif effectivement poursuivi.[5] La finalité détermine ainsi les données qui peuvent être recueillies et la durée pendant laquelle leur conservation reste justifiable.[6]

Finalité délimitée : Objectif suffisamment précis pour déterminer quelles données entrent dans le traitement, quels usages restent exclus et quel événement met fin à leur conservation.

  • Collecte

    La donnée sert directement la réponse

    Le lien avec la sortie attendue est explicite et documenté. La donnée peut être intégrée au parcours défini.

  • Exclusion

    La donnée dépasse le cas d’usage

    Elle provient d’un champ libre et n’est pas nécessaire au traitement de la demande. La saisie est découragée, isolée ou purgée selon le contexte.

  • Réemploi

    Un autre service veut reprendre l’échange

    La nouvelle utilisation ne découle pas automatiquement de la finalité initiale. Ce réemploi reste suspendu tant qu’il n’a pas été qualifié séparément.

  • Incertitude

    La nécessité demeure discutable

    Le besoin métier ne suffit pas à trancher la qualification. Le point est documenté puis soumis à validation juridique.

Ce que quatre décisions de périmètre permettent d’autoriser ou d’écarter.

Le périmètre peut alors être limité aux données nécessaires au résultat attendu ; cette nécessité n’autorise pas, à elle seule, leur collecte ou leur conservation. La durée envisagée reste liée à la finalité documentée et soumise aux validations applicables. Avant toute transmission, le relevé recense les composants et les acteurs destinataires. Leur inscription dans le document ne vaut pas autorisation de transfert, lequel reste soumis aux rôles, aux contrats et aux validations applicables.

La fiche de décision qui relie le cas d’usage aux principes vérifiés.

Commission nationale de l’informatique et des libertés[3]

Échantillon
Cas d’usage défini pour le projet
Période
Dès la définition
Résultat
Finalité déterminée, explicite et légitime Fixe l’objectif auquel chaque donnée doit être reliée
Limite de lecture
Ne suffit pas à trancher les qualifications juridiques particulières

Commission nationale de l’informatique et des libertés[4]

Échantillon
Périmètre fonctionnel du système
Période
Avant le choix des données
Résultat
Sorties, contexte et usages exclus documentés Fait apparaître les informations sans rapport avec le besoin principal
Limite de lecture
Dépend de la précision du cas d’usage déclaré

Commission nationale de l’informatique et des libertés[5]

Échantillon
Données envisagées pour le traitement
Période
À la collecte et pendant leur gestion
Résultat
Pertinence vérifiée au regard de l’objectif Aide à décider de la collecte ou de la purge
Limite de lecture
Ne justifie aucun réemploi non qualifié

Commission nationale de l’informatique et des libertés[6]

Échantillon
Données présentes dans chaque emplacement
Période
Tant que la finalité justifie leur présence
Résultat
Collecte et conservation limitées Relie la présence de la donnée à une nécessité explicite
Limite de lecture
La durée exacte reste à décider pour le traitement réel

03La durée de conservation se décide pour chaque emplacement

La conversation, l’extrait transféré au CRM, le journal et la sauvegarde ne remplissent pas la même fonction. Un réglage unique ne convient donc que s’il correspond à la finalité de chaque emplacement. La CNIL relie la conservation des conversations à leur finalité et envisage leur effacement dès la fin de l’échange lorsque leur maintien n’est pas nécessaire.[7]

Une règle complète indique le point de départ de la durée et l’événement qui déclenche l’action prévue. Elle précise aussi qui exécute l’action, comment une exception est autorisée et quelle trace permet de vérifier le résultat. Une durée inscrite dans un document sans mécanisme d’exécution reste une intention.

  • À la saisie

    Limiter les données saisies

    Le cas d’usage détermine les informations demandées et celles qu’il faut éviter.

  • Pendant l’échange

    Identifier les destinations activées

    Toute transmission vers un outil ou un acteur doit figurer sur la carte du traitement.

  • Après la réponse

    Distinguer l’usage en cours de la conservation

    La fin du dialogue déclenche la règle correspondant à chaque emplacement.

  • À l’échéance

    Appliquer la règle prévue

    La donnée est supprimée, anonymisée, restituée ou conservée lorsqu’une justification a été validée.

  • Après contrôle

    Vérifier les copies restantes

    Le responsable confirme le sort des journaux, sauvegardes et copies confiées.

Les décisions à prendre entre la saisie et la disparition effective de la donnée.

Les sauvegardes exigent une règle que le décideur puisse comprendre. Le document indique leur cycle, les restrictions d’accès et ce qui doit se passer après une restauration. Le dispositif doit empêcher qu’un élément retiré des systèmes actifs redevienne exploitable sans contrôle. Si la suppression immédiate d’une copie technique est impossible, il faut expliciter cette limite, préciser comment elle sera traitée, puis soumettre ces éléments à une validation juridique.

  • Conversation active

    La donnée sert encore la réponse ou le suivi précisément annoncé. Sa conservation cesse lorsqu’elle n’est plus utile.

  • Dossier opérationnel

    Un extrait est repris pour une finalité distincte et documentée. Les données ainsi reprises doivent pouvoir être retrouvées lorsque l’entreprise traite une demande d’exercice d’un droit.

  • Journal technique

    La trace est limitée à la fonction technique qui justifie sa présence. Le contenu conversationnel superflu est écarté.

  • Copie de sauvegarde

    L’accès direct est bloqué et une règle encadre le cycle de la sauvegarde. La restauration ne doit pas annuler une suppression déjà exécutée.

04Le rôle du fournisseur et ses responsabilités doivent être documentés

La CNIL indique que le rôle juridique du fournisseur doit être apprécié au cas par cas.[8] Celui-ci peut héberger les conversations, produire des journaux, solliciter d’autres prestataires ou administrer une partie de l’infrastructure. Pour préparer cette analyse, la grille décrit les opérations réellement effectuées et signale les ambiguïtés à soumettre à une validation juridique.

Le contrat de sous-traitance doit notamment définir l’objet, la durée, la finalité, les obligations des parties et la sécurité du traitement.[9] La carte doit donc permettre de répondre à des questions concrètes : où se trouvent les données, qui peut y accéder, comment un incident est-il signalé, quelles instructions peuvent être exécutées et que deviennent les copies à la fin de la prestation ?

  • Rôle

    Qualification des acteurs

    La répartition des rôles déclarée correspond aux décisions prises et aux opérations réellement effectuées.

  • Périmètre

    Services et sous-traitants mobilisés

    Chaque acteur qui reçoit une donnée est recensé avec sa fonction et son emplacement.

  • Droits

    Exécution des demandes

    Le fournisseur sait localiser les éléments concernés et appliquer une instruction recevable.

  • Incident

    Signalement et coopération

    Le contrat décrit les responsabilités, les informations attendues et les interlocuteurs.

  • Sortie

    Restitution et destruction

    La fin de la prestation déclenche une procédure qui couvre aussi les copies existantes.

À la fin de la prestation, le responsable du traitement peut choisir que le sous-traitant supprime ou restitue les données et détruise les copies existantes, sauf si le droit de l’Union ou d’un État membre impose leur conservation.[10] Cette capacité doit être compatible avec l’architecture retenue. Un export inutilisable, une suppression invérifiable ou une chaîne de prestataires inconnue rend la sortie fragile.

Dans un cas de suivi de commande, par exemple, le relevé distingue le numéro de commande et l’adresse électronique nécessaires pour retrouver le dossier du message libre, qui peut contenir des informations étrangères à la demande. Il recense ensuite chaque destination, l’acteur concerné, la donnée transmise et le motif de la transmission. Le relevé distingue une transmission au CRM ou à un sous-traitant d’un transfert vers un pays tiers ou une organisation internationale. Dans ce second cas, le registre documente aussi les garanties éventuelles[2]. Le relevé ne formule aucune conclusion juridique que les preuves disponibles ne permettent pas d’établir. Lorsque ces choix conditionnent l’architecture, ils doivent être clarifiés lors d’un cadrage d’assistant conversationnel adapté aux contraintes réelles, avant de figer la solution.

05L’exercice des droits exige de retrouver chaque copie concernée

La cartographie suit de bout en bout les opérations nécessaires à l’accès, à la rectification, à l’opposition et à l’effacement afin de préparer la mise en œuvre de ces droits. Elle décrit le parcours technique sans définir l’obligation juridique applicable. Le point d’entrée peut être le support, un formulaire ou un autre canal validé. Il faut alors retrouver les éléments concernés, transmettre la demande aux détenteurs autorisés et documenter son issue.

Une grille opérationnelle doit encore être soumise à une validation juridique. Pour l’accès, elle recense les emplacements qui peuvent être interrogés ; pour la rectification, elle repère les endroits où la valeur erronée a été reprise ; pour l’opposition, elle distingue les usages concernés ; pour l’effacement, elle documente le traitement prévu pour les données actives, les journaux, les sauvegardes et les systèmes des sous-traitants. Cette grille sert à préparer l’exécution ; la portée juridique de chaque droit reste à déterminer par les personnes compétentes.

  1. 01

    Recevoir la demande

    La demande parvient par le canal autorisé avec les éléments nécessaires à son traitement.

  2. 02

    Vérifier la portée

    L’acteur compétent identifie la personne, la donnée et l’action demandée.

  3. 03

    Rechercher les emplacements

    La carte désigne les systèmes internes et les fournisseurs susceptibles de détenir une copie.

  4. 04

    Exécuter les actions

    Chaque responsable exécute l’action attendue en matière d’accès, de rectification, d’opposition ou de suppression.

  5. 05

    Contrôler les dépendances

    Chaque reprise dans un dossier, un journal ou une copie technique est traitée selon la règle documentée.

  6. 06

    Consigner l’issue

    Le résultat, les limites et les validations requises deviennent vérifiables.

Il faut aussi prévoir les échecs. Un identifiant peut ne pas permettre de retrouver une conversation. Une donnée peut avoir été détachée de son échange d’origine dans le CRM. Un fournisseur peut exiger une procédure spécifique. Ces obstacles doivent être repérés avant la première demande réelle, puis leur traitement doit être confié à un responsable et vérifié par un test.

Ce tableau relie chaque demande à la capacité technique qui conditionne son exécution.

DemandeCapacité à vérifier
AccèsRetrouver les données liées à la personne dans chaque emplacement
RectificationCorriger la valeur et ses reprises encore actives
OppositionIdentifier les usages concernés et interrompre ceux qui doivent l’être
EffacementAppliquer l’action prévue et contrôler les copies résiduelles

La présence d’une sauvegarde ou d’un journal ne suffit pas à déterminer la réponse juridique appropriée. Le relevé décrit le mécanisme, ses limites et l’action techniquement possible. La décision juridique intervient lorsque la qualification, la portée du droit ou une exception reste incertaine. Cette séparation évite de masquer une impossibilité technique derrière une formule de conformité.

06La cartographie fournit des critères vérifiables avant le déploiement

Un test simple consiste à tracer une donnée depuis sa saisie jusqu’à sa suppression ou son transfert. À chaque étape, il faut pouvoir répondre à cinq questions concrètes. Quelle finalité autorise sa présence ? Dans quel composant se trouve-t-elle ? Qui peut agir sur elle ? Quel événement déclenche l’action prévue ? Comment une demande d’exercice d’un droit est-elle transmise jusqu’à cet emplacement ?

Ce test peut commencer avec une conversation représentative du cas d’usage, sans prétendre couvrir par analogie toutes les situations. Il faut ensuite vérifier les variantes qui changent réellement le parcours : reprise dans un dossier, contenu non pertinent, intervention d’un fournisseur, conservation technique ou transfert. Toute branche encore inconnue doit être clarifiée avant le déploiement.

La décision d’achat s’en trouve clarifiée. Une solution séduisante à l’écran reste inadaptée si elle ne permet pas d’identifier les destinations, d’appliquer les durées retenues ou de transmettre les demandes aux fournisseurs concernés pour qu’ils les traitent. À l’inverse, une architecture dont le fonctionnement peut être documenté fournit des critères de comparaison précis : capacité d’export, suppression, gestion des journaux, maîtrise des sous-traitants et procédure de sortie.

Ce relevé n’établit pas à lui seul la conformité juridique. Il fournit les éléments factuels nécessaires pour arbitrer, contractualiser et signaler les points qui exigent une validation. Un échange de cadrage devient utile lorsque le cas d’usage reste pertinent, mais que le trajet des données, les responsabilités ou les conditions de sortie ne peuvent pas encore être déterminés.

La décision de déployer reste suspendue tant qu’une branche du trajet n’a pas de responsable identifié ou ne peut pas être vérifiée.

Questions fréquentes

Une donnée déjà présente dans le CRM peut-elle être reprise automatiquement par le chatbot ?
Sa présence dans le CRM ne suffit pas à déterminer si le chatbot peut l’utiliser. Le contrôle commence par identifier le champ consulté, la finalité poursuivie, les personnes autorisées et le résultat attendu. Les informations sans rôle défini sont exclues du périmètre, puis un dossier représentatif est testé avant toute généralisation. Si la base juridique, le rôle du fournisseur ou la portée de l’accès restent incertains, ces points sont soumis à une validation juridique avant la mise en service.
Qui vérifie qu’une suppression prévue a réellement été exécutée ?
La carte attribue chaque opération à un responsable nommé. Chaque emplacement indique ensuite l’événement déclencheur, l’action attendue, la preuve d’exécution et le traitement d’un échec. L’interface visible ne permet pas d’identifier ce responsable : il peut appartenir à l’entreprise ou intervenir chez un sous-traitant selon l’opération cartographiée. Lorsque la responsabilité contractuelle ou la preuve acceptable reste incertaine, ces points sont soumis à validation avant le déploiement.
Des données fictives suffisent-elles pour vérifier le trajet avant le déploiement ?
Elles permettent de tester le format des champs et les opérations prévues sans exposer immédiatement des données réelles. Elles ne montrent toutefois pas, à elles seules, quels connecteurs, journaux ou copies techniques sont effectivement créés dans l’environnement retenu. Le contrôle se déroule donc en deux temps : d’abord un parcours fictif pour tester la carte, puis un examen technique encadré des emplacements réellement sollicités. Le passage à des données personnelles, même pour un test, reste soumis aux règles applicables et à la validation des responsables concernés.
Comment réagir si une personne saisit une donnée sensible ?
Le premier contrôle consiste à déterminer si cette donnée était nécessaire à la finalité. Si elle ne l’était pas, il faut déterminer la mesure corrective adaptée. Il faut alors isoler cette donnée et faire valider son traitement, qu’il s’agisse de l’exclure, de la purger ou d’en restreindre l’accès, sans présumer que l’une de ces mesures suffise juridiquement. L’interface peut aussi dissuader l’utilisateur de saisir des informations manifestement étrangères au cas d’usage, sans présumer qu’un avertissement réglera tous les cas. La qualification de la donnée, le fondement applicable et les exceptions éventuelles exigent une validation juridique lorsque la situation demeure ambiguë. La minimisation fournit le critère opérationnel : seules les données pertinentes au regard de l’objectif sont admises.[5]
Que faire si le fournisseur change de sous-traitant pendant le contrat ?
Le changement oblige à revoir les seules branches concernées : nouvelles destinations, opérations confiées, localisation annoncée, journaux, accès et conditions de sortie. Il faut comparer ces éléments au périmètre accepté, puis refaire les tests qui en dépendent. Cette revue ne permet pas, à elle seule, de conclure à la conformité juridique du changement. Si le rôle de l’acteur, le régime d’un transfert ou les engagements contractuels deviennent incertains, le responsable désigné suspend la décision de mise en service et sollicite la validation compétente.
Que vérifier lors d’un changement de mécanisme de sauvegarde ?
La modification oblige à reprendre les points traités par l’ancien dispositif. Il faut identifier les nouvelles copies, l’événement d’expiration, les personnes autorisées à restaurer et le traitement d’une donnée supprimée qui réapparaîtrait après restauration. Le test porte sur un cas connu et compare l’état des données actives avant et après l’opération. Tant que le responsable n’est pas identifié, que la preuve d’exécution n’est pas définie ou qu’une limite technique reste inconnue, la réserve est inscrite dans la carte et soumise aux validations applicables avant la mise en service du nouveau mécanisme.
Que faire si une même personne utilise plusieurs identifiants ?
La recherche ne doit ni fusionner automatiquement des comptes sur la base d’une correspondance possible, ni ignorer une correspondance incertaine. La recherche suit d’abord la règle d’identification validée, puis distingue les éléments confirmés, les rapprochements probables et les dossiers qui exigent une intervention humaine. Chaque emplacement interrogé conserve la trace de la règle appliquée et de l’issue. Si l’identité ne peut pas être établie avec le niveau de certitude attendu, l’action reste suspendue et le cas est transmis au responsable désigné, sans assimiler une hypothèse à une correspondance certaine.
Qui doit participer à la revue de la carte avant le choix de la solution ?
La revue réunit les personnes capables de confirmer le cas d’usage, les données admises, les composants techniques, les engagements du fournisseur et les conditions de sortie. Chacune tranche dans son domaine ; une validation globale ne compense pas l’absence d’un responsable dans l’un de ces domaines. Lorsque ces rôles, l’architecture ou les limites du traitement doivent encore être définis ensemble, le studio digital et IA peut cadrer l’assistant conversationnel selon les contraintes réelles de l’entreprise. Sur farweb.fr, je propose une prestation d’installation et de mise en ligne d’un chatbot IA local pour entreprise. Les conversations ne sont pas conservées par défaut. Le livrable est une carte qui attribue chaque inconnue à un responsable et précise la prochaine décision à prendre.

Sources et références

  1. Parlement européen et Conseil de l’Union européenne · « Règlement - 2016/679 - EN - rgdp - EUR-Lex » · 27 avril 2016 · eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=celex%3A32016R0679. Les données collectées doivent être adéquates, pertinentes et limitées à la finalité du traitement.
  2. Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) · « Le registre des activités de traitement | CNIL » · 13 avril 2018 · www.cnil.fr/fr/RGPD-le-registre-des-activites-de-traitement. Le registre doit refléter les traitements réels et documenter notamment les sous-traitants, les durées de conservation, les transferts vers un pays tiers ou une organisation internationale et leurs garanties éventuelles.
  3. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « IA : Définir une finalité | CNIL » · 8 avril 2024 · www.cnil.fr/fr/definir-une-finalite-0. La finalité d’un traitement de données destiné à un système d’IA doit être déterminée, explicite et légitime dès la définition du projet.
  4. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « IA : Tenir compte de la protection des données dans la conception du système | CNIL » · 8 avril 2024 · www.cnil.fr/fr/tenir-compte-de-la-protection-des-donnees-dans-la-conc…. Le périmètre fonctionnel doit préciser les sorties attendues, les performances acceptables, le contexte d’usage et les usages exclus pour limiter la sur-collecte.
  5. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « IA : Tenir compte de la protection des données dans la collecte et la gestion des données | CNIL » · 8 avril 2024 · www.cnil.fr/fr/tenir-compte-de-la-protection-des-donnees-dans-la-coll…. Les données collectées doivent être pertinentes au regard des objectifs poursuivis afin de respecter le principe de minimisation.
  6. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « Définir une finalité | CNIL » · 9 février 2023 · www.cnil.fr/fr/passer-laction/definir-une-finalite. La finalité limite à la fois les données admises dans le traitement et leur durée de conservation.
  7. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « Chatbots : les conseils de la CNIL pour respecter les droits des personnes | CNIL » · 19 février 2021 · www.cnil.fr/fr/chatbots-les-conseils-de-la-cnil-pour-respecter-les-dr…. La durée de conservation des conversations dépend de leur finalité et peut aller jusqu’à l’effacement dès la fin de l’échange.
  8. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « Déterminer la qualification juridique des acteurs | CNIL » · 8 avril 2024 · www.cnil.fr/fr/determiner-la-qualification-juridique-des-fournisseurs…. La CNIL indique que la qualification juridique d’un fournisseur de système d’IA doit être appréciée au cas par cas.
  9. Commission nationale de l’informatique et des libertés · « Sécurité : Gérer la sous-traitance | CNIL » · 14 mars 2024 · www.cnil.fr/fr/securite-gerer-la-sous-traitance. Le contrat de sous-traitance doit fixer objet, durée, finalité, responsabilités, sécurité, restitution et gestion des incidents.
  10. Parlement européen et Conseil de l’Union européenne - version publiée par la CNIL · « CHAPITRE IV - Responsable du traitement et sous-traitant | CNIL » · 27 avril 2016 · www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees/chapitre4. À la fin de la prestation, le responsable du traitement peut choisir que le sous-traitant supprime ou restitue les données et détruise les copies existantes, sauf si le droit de l’Union ou d’un État membre impose leur conservation.

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